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A ce jour, Rougemont est devenu un village « à la mode ». Les prix du marché immobilier se sont envolés et le tourisme contribue à faire vivre la population locale.

Mais il n’en a pas été toujours de même…Nous vous livrons ici quelques anecdotes d’époque qui, nous l’espérons, vous enchanteront par leur authenticité.

Les veillées

Autrefois, la population vivait très simplement, voir pauvrement et tirait essentiellement ses revenus de l’agriculture et du travail du bois.

Les hivers étaient longs, il fallait trouver des occupations. Ainsi est né une sympathique coutume…

A la nuit tombée, on se retrouvait les uns chez les autres autour d’un jeu de carte, on appelait cela les veillées et les gens s’invitaient mutuellement à partager ces instants conviviaux.
Les dames préparaient un « taillé » (pâtisserie simple à base d’oeuf, de sucre, de farine et de cannelle). Les enfants restaient bien sages afin d’avoir eux aussi droit à un bout de taillé et une tasse de thé avant d’aller se coucher.
Ces veillées se terminaient assez tôt en général, au plus tard vers 22 heures car le chemin du retour dans la neige et dans le froid prenait souvent du temps !

La Saint-Antoine (17 janvier)

Si vous vous trouvez à Rougemont le 17 janvier, vous apercevrez un attroupement au centre du village avec vente de charcuteries et de pâtisseries traditionnelles.

Fêter le 17 janvier (la foire au diable) est une tradition ancestrale. Le soleil étant très bas de mi-décembre à mi-janvier, il se cache derrière la montagne du Rubly dès la mi-journée. (11 à 13 heures). Le 17 janvier, il a repris suffisamment de hauteur pour repasser par-dessus le sommet et réchauffer le village de ses rayons.

Autrefois, c’est à cette date que les paysans réglaient leurs comptes. Ils versaient le loyer des vaches louées à des tiers l’été précédent et engageaient le personnel nécessaire pour la saison future. En ce temps là, les transactions se scellaient par une poignée de mains et personne ne revenait sur la parole donnée.

Aujourd’hui, la tradition est maintenue et la Municipalité tient sa séance hebdomadaire le matin de la St-Antoine. Elle y signe ses contrats de location pour les alpages communaux à l’auberge communale.

Bûcherons et charretiers

Il n’y a pas si longtemps, avant l’arrivée des tracteurs, le débardage du bois se faisait pendant la saison d’hiver avec les chevaux.

Ainsi, les équipes d’hommes et de chevaux prenaient leurs quartiers dans des endroits très reculés et logeaient dans des chalets d’alpage rudimentaires par des températures avoisinant les – 20°, le crottin gelait derrière les chevaux !

L’eau du ruisseau ou du bassin servait à abreuver hommes et chevaux et il fallait casser la glace pour la recueillir. Bien souvent, le même récipient (la banssine) était utilisé pour abreuver les équidés et cuire de l’eau pour le thé. Les provisions pour la semaine étaient réduites à pain, lard et fromage. Les seuls repas cuisinés étaient des macaronis au fromage ou de la polenta. Ils étaient préparés le soir dans le même récipient que celui pour le thé.

Dans ses conditions, la toilette était réduite à sa plus simple expression… Pour pouvoir se cramponner dans des terrains abruptes et glacés, les chaussures des hommes ainsi que les sabots des chevaux étaient cloutés avec des « potzes ».

Les billes de bois qu’ils avaient abattues étaient amenées aux scieries de la vallée. Le temps de travail était payé « outils en mains ». Ainsi, si le déplacement durait plus de 2 heures, mieux valait partir de bonne heure pour recevoir le salaire complet d’une journée. Le salaire de la semaine était distribué le samedi soir et si le patron était généreux, il payait 1 litre ou 2 de vin blanc à ses employés.

Il est intéressant d’évoquer nos problèmes d’intendance actuels avec les survivants de ces rudes époques… qui évoquent pourtant le « bon temps passé » !